Apprendre à vivre. A l'école de G.I. Gurdjieff
Se pourrait-il qu’un pouvoir de conscience nous ait bien été donné et que nous ayons renoncé à l’exercer ? Se pourrait-il que nous n’ayons que l’illusion de l’exercer tout en restant prisonniers de forces si puissantes qu’elles nous maintiennent en permanence dans un état hypnotique ? Ne serions-nous que des automates ? Notre état de chaque instant et nos manifestations ne seraient-ils donc rien d'autre que le résultat de nos réactions permanentes à toutes les influences extérieures ? Nous disons « moi je », nous nous croyons entièrement libre et responsable, alors qu’en fin de compte, nous ne serions rien d’autre qu’une machine à réactions, certes très sophistiquée, mais entièrement conditionnée par le « climat » aussi bien intérieur qu’extérieur dans lequel nous vivons. Nos humeurs changeantes comme le ciel, ce qu’on pense de nous, ce qu’on aime et ce qu’on déteste, nos ambitions, nos espoirs et nos déceptions, tout cela œuvrerait sans cesse secrètement dans les coulisses de ce petit théâtre dans lequel nous donnons devant les autres et devant nous-même la représentation de ce personnage pour lequel nous nous prenons ?
Ne sommes-nous que cela ?…
On se sent démuni pour témoigner de ce qu’on a reçu d’un enseignement spirituel. Ce qu’il nourrit est comme un secret. Pas ce genre de secret qu’on veut garder pour soi, mais un secret qui s’efface dès qu’on en parle parce qu’il vient d’un autre monde. Pour en témoigner au moment où il nous touche, il faut s’abstenir de tout ; seulement le laisser agir dans un processus de contagion silencieuse dont nous ne sommes que le lieu de passage. C’est à cette attitude qu’il faudrait avoir la force de rester fidèle pour partager ce qu’on a reçu ; les mots ne suffisent pas et quelquefois ils font obstacle.
Ce livre est né des moments de recueillement qui ont jalonné toutes ces années vécues dans l’apprentissage quotidien de l’enseignement de G.I Gurdjieff. Il lève juste un coin du voile sur ce qui ne pourrait être révélé qu’en fréquentant cette école de l’Être.
« Cet ouvrage recèle une poésie profonde, comme une espèce de chanson consacrée à la recherche de l’Être, mais aussi en filigrane, une vision de la dure réalité de la condition humaine », note Roger Lipsey dans sa préface.
Didier Mouturatest un homme de théâtre, comédien et directeur de théâtre. Sa rencontre avec Cyrille Dives sera déterminante. Avec lui, Didier Mouturat s’initiera au masque, dont la pratique deviendra majeure dans son activité théâtrale, et c’est aussi grâce à lui qu’il rencontrera l’enseignement de G.I. Gurdjieff. Didier Mouturat a publié un premier livre aux éditions Eoliennes : Tous les matins l’énigme… la vie derrière le masque.